
Je me trouve en accord avec moi-même devant une feuille vierge.
De cette simple constatation est née ma passion.
Cette passion, je l’ai exprimée au travers de différentes techniques que je considère aussi distinctes que complémentaires.
Elles se sont imposées à moi au fil des années car j’ai trouvé en elles le meilleur moyen de traduire mes émotions.
Si j’ai beaucoup de plaisir à travailler sur des sujets différents, c’est dans le nu féminin que je me suis accompli.
Au pastel, je dois le plaisir du contact avec la matière.
Laisser ses doigts estomper les couleurs, apprécier le rugueux d’un support, se salir les mains ; sont autant de gestes qui relèvent d’une profonde sensualité.
L’accroche fragile du pigment y ajoute le respect.
Les variations de luminosité, une humeur changeante proche de la féminité.
À l’encre, je dois le plaisir du contraste et de l’économie du geste.
Trouver le juste équilibre entre ce que l’on peut gommer et ce que l’on veut exprimer.
Rechercher dans la pureté d’une ligne ou l’aisance d’un tracé,
la satisfaction d’une lecture « évidente ».
Savoir faire le vide et penser au mouvement du pinceau avant de le poser sur le papier.
Réfléchir pour aller spontanément à l’essentiel.
À l’aquarelle, je dois le plaisir de la douceur et de l’inattendu.
Le rendu inégalé du satiné d’une fleur ou du velouté d’une chair,
associé au risque de ne jamais totalement maîtriser le cycle de l’eau sur le papier.
Accepter que chaque œuvre soit unique et jouer de ce hasard.
Apprendre la patience et le juste moment pour poser sa couleur et la fondre.
Au-delà du plaisir de créer, j’ai eu celui de faire des rencontres, d’échanger,
de partager, de chercher, d’apprendre, de nourrir cette passion, de la faire vivre…
et d’en souffrir.
Ce lieu est aussi le fruit de ces rencontres.