
L’endroit est sombre, d’une crasse suggérée. Une femme accroupie laisse son regard s’évader au loin, pensive. Une cigarette se consume entre ses doigts. Un graffiti explicite et sexuel balafre le mur.
L’ambiance est lourde, explicitement dérangeante.
Des couleurs restreintes composent la scène. Du blanc pour elle, un mélange de gris et de sépia pour les murs … du rouge. Un rouge très présent, tirant sur le brun. Un rouge qui s’étale à ses pieds, sur les murs, envahissant. Un rouge fait de grandes éclaboussures qui l’identifie à des quantités de sang.
L’ensemble laisse perplexe, les références sont brouillées, contradictoires. Les contrastes sont renforcés.
L’immaculé dénote, le sang tout autant, on est dans l’opposé.
On cherche à comprendre, à expliquer. On analyse et on décompose.
On voudrait connaître l’histoire, on cherche les indices.
Quelques larmes, une tristesse contenue ? Des traces de lutte, d’un viol, d’un meurtre ou d’un simple accident ?
Une violence « froide » se dégage de tout cela.
On la voudrait victime et on la sent sereine, dans l’attente, à observer, sans s’émouvoir, presque déterminée. À attendre dans une mare de sang criante de violence, d’une explosion de rage
...
Si posée qu’elle pourrait en être bourreau !
La cigarette ponctue ce moment particulier qui sépare l’avant de l’après.
C’est la seule certitude à laquelle se raccrocher d’ailleurs, il y a eu un avant, il y aura un après.
Je ne vous donnerai pas plus de clefs sur cette image, elle n’est pas faite de réponses mais de suppositions. Elle montre que chaque lecture, chaque interprétation est intimement liée à notre histoire. Qu’elle est empreinte de nos certitudes, qu’elle se heurte à nos tabous, qu’elle est conditionnée.
Comme 1 et 1 font 2, certaines conclusions se veulent évidentes. Quand ces conclusions se refusent à nous, on porte un autre regard. C’est ce regard qu’il conviendrait de porter et ne pas s’arrêter à la surface des choses, laisser travailler l’imagination.