

Troisième version de Dispersion-Créative. Troisième version synonyme pour moi d’évolution. Le travail évolue, la démarche aussi, les attentes changent, le site se devait de refléter ces changements. Une progression logique et explicable.
Tout a démarré avec un blog, prétexte à montrer pour la première fois. J’avais envie de sentir les réactions, de les lire, d’y répondre. Le noyau dur des intervenants n’était pas énorme, mais il était significatif et la plupart n’hésitaient pas à dire ce qu’ils en pensaient.
Peu à peu cependant, j’ai constaté qu’il était difficile pour eux de critiquer en public, d’afficher de la sorte une différence de perception, de ressenti ... presque un désaccord. L’essentiel se faisait par échange de mail ou en face à face.
D’un blog, je suis donc passé à une galerie. Mes œuvres étaient montrées, n’invitaient plus à critique. Un « livre d’or » était là pour afficher que l’on aimait mon travail, s’il avait fallu en douter (forme de reconnaissance egocentrique qu’il est difficile de nier).
Mes dessins avaient progressé. Je m’étais essayé à différentes techniques, différents thèmes, je faisais de nouvelles rencontres et le tout alimentait mes projets.
De crainte assumée, je ressentais maintenant une certaine forme de reconnaissance. Le trait s’affirmait, le style aussi, il n’y avait plus d’appréhension à montrer. J’ai essentiellement traité le féminin. D’abord du nu, puis du portrait, souvent au crayon ou au pastel.
Le pastel se prête à merveille à l’exercice. Il y a un vrai plaisir à le travailler, à toucher la matière ; qu’il s’agisse de laisser les doigts estomper les couleurs, apprécier le rugueux d’un support, se salir les mains, suivre la courbe d’un corps ou la pulpe d’une lèvre … autant de gestes qui relèvent d’une profonde sensualité. L’accroche fragile du pigment y ajoute le respect, on ne bouscule pas un pastel. On en prend soin, on le préserve de tout contact. Si on y ajoute la richesse de sa couleur et ses variations changeantes sous la lumière, on en viendrait à le déclarer empreint de féminité.
J’ai cherché les regards, les expressions, la douceur de ceux-ci quand ils se font nostalgiques.
J’exprimais un peu plus de moi en m’écartant de ce que je pensais être une caricature. Je peignais mon amour des femmes et de leur fragilité, cette touche de vulnérabilité simplement « belle » et que je cherchais à traduire.
Si vous en avez la curiosité, vous trouverez quelques-unes de ces œuvres dans une galerie spécifique -un peu comme dans un vieux carton à dessins-.
Parce que l’on peut être gourmand, curieux, insatiable, impatient ; souhaiter attirer l’attention et les attentions ; avoir toujours un œil qui traîne … et vouloir montrer ce que l’on trouve beau, esthétique, de l’assumer. Sans avoir à en rougir ou peur d’être incompris. Un peu à la manière de ces photos de Jonvelle, intimistes sans que l’on se considère voyeur.
Comme je l’ai cité plus haut, les démarches évoluent, les champs de recherches aussi, les intérêts tout autant, mais nous sommes faits de nos expériences et l’on n’oublie rien … je n’oublie rien.
Aujourd’hui, tout au plus, ai-je pris un autre chemin.
Le mien suit le virage du numérique et de la tablette graphique.
Comme dans les autres techniques, j’y vois nombre de qualités et une forme de complémentarité.
Le plaisir du support tout d’abord, la variété des outils, l’incroyable palette mise à ma disposition, l’instinctivité.
Le droit à l’erreur immédiate et au repentir, la liberté d’essayer et de prendre des risques.
La souplesse du partage et la flexibilité de l’échange.
Le rendu flatteur, propre, méticuleux.
Le confort aussi, puisque en quelques minutes cela peut-être sorti et rangé.
Le sentiment de vivre avec mon temps ...
Si l’apprentissage autodidacte fait que je n’ai pas compté les heures devant l’écran. La curiosité et la soif de maîtriser m’ont permis mes premières réalisations.
Encore une fois, je le vois comme un outil de complément et non de remplacement ou de substitution. Je continue de découvrir, d’apprendre, sans effacer mon parcours.
Un outil de plus au chapitre de ma créativité.
Une part que je veux partager ici, exposer aux regards.
Alors le site change, passant de Charybde à Scylla.
Le blanc remplace le noir (je n’ai jamais été doué pour la demi-mesure).
Il exprime d’autres choses désormais, s’oriente vers des techniques différentes de traiter ses sujets, avec le même espoir de ne pas trahir ce que suis. Vous y croiserez donc encore des regards, parfois sombres, loin d’être toujours fragiles, certains déterminés ou provocateurs … comme j’aime à les capter.
Le « livre d’or » n’est plus, les liens vers d’autres sites non plus.
J’espère ce site symbole de maturité.
L’appréciation d’un artiste reste subjective, sur des critères que l’on voudrait objectif.
L’émotion est cependant sa seule récompense, le seul critère qui permette de savoir si l’on est sur la bonne voie.
Alors aimez, détestez, mais que cela ne vous laisse pas indifférents !
On est artiste par la valeur que nous accorde l’autre.