
On ne se refait guère et on va souvent -en premier lieu- vers ce que l’on apprécie ou ce que l’on sait le mieux faire.
Ainsi, le regard occupe une part essentielle dans mes réalisations. Je le cherche, je le travaille, je l’accroche et quand je l’estime captivant, j’imagine que le résultat ne pourra pas être raté -cela me rassure, me donne le sentiment de cheminer dans la bonne direction-.
Je n’en oublie pas pour autant ce qui peut l’habiller mais cela peut vite devenir pour moi « accessoire ».
Aussi, j’ai décidé de le laisser de côté, de travailler la pose, l’attitude, l’ambiance, l’ensemble … plutôt que le détail. D’éviter de me focaliser.
Je voulais quelque chose de très contrasté tout autant que sombre. Quelque chose que l’on ne songe pas à recadrer. Je le voulais moins propre, moins travaillé, moins parfait que ce vers quoi je peux tendre habituellement.
Je voulais quelque chose qui prête à interprétation sans tomber dans l’évidence.
Un dessin où le regard ne s'arrête pas mais se promène.
Je voulais une lecture à émotions sans véritable parti pris, un mélange d'attirance et de transgression.
Le regard se porte sur l’ensemble avant de chercher le détail. Il scrute bien plus qu’il ne se sent observé. Il se découvre voyeur et observe à la dérobée, en prenant garde de ne pas déranger.
La scène se veut calme, le moment apaisé, la position attirante, d'une vulgarité maîtrisée.
Une petite parenthèse que cet instantané de vie.
On ne se soucie pas de connaître ce qui l’a précédé, on ne s’impatiente pas d’en connaître la suite.
L’un relève du vécu, l’autre peut bien attendre.
On échappe au paraître dans ce spectacle offert sans pudeur… on savoure l’être.