Quand Philip Marlowe et Mike Hammer croisent un gros matou, ça donne Blacksad. L’archétype même du privé de polar. Un chat noir au menton blanc animé d’un grand cœur, qui sait montrer les griffes lorsque les circonstances l’exigent. Un dur, un vrai, qui reçoit autant de coups qu’il en donne, qui ne lâche jamais une affaire, ni ne compose avec ses principes. Un filou, un fouille-merde, qui traîne son imper dans les bas-fonds poussiéreux de New-York, oscillant entre strass et misère.
Le style est noir, vif, corrosif. Il est aussi épais que la fumée d’une cigarette, aussi raide qu’une grande lampée de whisky et aussi séduisant que la chute de rein d’une jolie blonde.
Il est aussi irrésistible par le décalage de certaines situations, où le félin très « fauve » peut prendre des allures de chaton.
Parce que Blacksad, c’est le talent d’un scénariste, Juan Diaz Canales. Mais, c’est aussi le talent d’un trait, celui de Juanjo Guarnido.
Largement influencé par sa collaboration avec les studios Disney, il a su créer un univers anthropomorphique d’un incroyable réalisme. Une ambiance à laquelle on adhère de suite et qui fait souvent oublier que les protagonistes sont des animaux.
Un univers d’une grande expressivité où il lui est possible de jouer sur toute la palette des émotions, avec une même aisance, sans jamais tomber dans la caricature.
La mise en couleur traditionnelle à l’aquarelle ajoute un « cachet » indéniable à l’ensemble.
Cela sonne juste et on se prend au jeu de ces personnages bien trempés, choisis pour leurs physiques annonciateurs de leurs caractères.
Le meilleur de Disney en somme, mais sans le côté bon enfant.
Je suis fan, vous l’aurez compris.
J’aime la bande dessinée et Blacksad fait partie de mes incontournables. De ces quelques albums que j’emmènerais sur une île déserte.
C'est un personnage auquel j'aime m'identifier et c’est une de mes premières œuvres numériques.
Je découvrais la tablette graphique, n’en connaissais pas encore les subtilités ni le potentiel.
Un travail tout en superposition de couleurs, en jeu de transparences. Pas de technique compliquée ou d’expérimentation. On pioche dans la palette, on garde la même épaisseur de trait et on superpose.
Je n’ai pas cherché à faire une « line » (ligne du dessin) propre.
Ce fut une occasion de décomposer l’image d’origine et d’en comprendre la structure. Un moment de plaisir clos par l’ajout de la fumée de cigarette, touche finale de l’ensemble.
Un hommage aussi à une jolie série que j’espère voir durer et vous invite à découvrir.